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- Lundi 04 Septembre 1978: Incorporation à Saffraanberg.

 

 

Août - Septembre 1978.

 

 

Le 16 Août 1978, deux mois après avoir passé les épreuves de sélection, je reçois un courrier émanant du Commandement de l'Ecole Technique de la Force Aérienne. La tension est évidemment présente au moment d'ouvrir cette enveloppe...

Les quelques lignes qu'elle comporte me soulagent très rapidement... 

 

 pdfLa Lettre.pdf 

 

Ma candidature a été retenue,  je dois me présenter le 04 Septembre aux portes de l'Ecole Technique afin d'y être incorporé. Je suis accepté à l'Ecole en tant que candidat sous-officier de carrière technicien, pour y suivre une formation A2 complémentaire en Mécanique des Avions... de plus,  je suis sélectionné pour la Force Aérienne !

Tous ces avions de chasse que j'ai si souvent regardé passer,  je vais bientôt pouvoir les approcher....

 

- Lundi 04 Septembre 1978, mes parents m'accompagnent en ce petit matin... car je n'ai pas encore mon permis.  L'Ecole Technique est située à une courte distance de la belle ville de Saint-Trond, sur la route nationale qui la relie à Liège, elle est implantée sur un site appelé : Saffraanberg.

La première chose que l'on remarque en arrivant, est le très beau Spitfire MK IX qui trône sur son pylône non loin du corps de garde.

 

Spifire MK 912 à Saffraanberg

 

 

Cet avion, un Mark LFIX (Low Level Fighter), a été construit à Castle Bromwich, Birmingham en Mars 1944, il porte le numéro de série MK912.
En Juin 1944, il est affecté au 312 (Czechoslovak) RAF Squadron. Ses premières missions sont la protections des plages normandes qui suit l'invasion du 6 Juin.
 
En Juillet 1946, il est vendu à la Royal Netherland Air Force qui l'achemine vers l'île de Java, où participe dès Juillet 1947 à la reconquête des Indes néerlandaises.
Il vole successivement sous l'immatriculation H-119, H-59, puis finalement B1 (Fokker)
Fin 1948, l'avion est rapatrié à Rotterdam et est stocké dans un hangar.
 
En Avril 1952, quinze Spitfire IX néerlandais (B1 - B15) dont le Mk912 (B1) sont vendu à la Royal Belgian Air Force. Le Mk912 est 'affecté à l' Ecole de Pilote Elementaire de Gossoncourt où il vole jusqu'en 1953 sous l'immatriculation SM-29.
En Juin 1953, il rejoint l'Ecole de Chasse de Koksijde. Cette année là, il est fortement endommagé et est remisé à Brustem, à deux pas de Saffraanberg.
Il est déclassé en 1955, et dès le 27 Août, est placé sur un pylône à l'entrée de L'Ecole Technique. Il y restera pendant près de trente ans.
En Juin 1988, il est retiré de son socle et transféré au Musée Royal de l'Armée (Bruxelles) qui l'échange contre un Brisol Fighter F2B appartenant à Guy Black, fondateur de l'Historic Aircraft Collection.
En 1997, il est acheté par le "Historic Flying Limited" - Audley End - Essex (GB) qui le rénove complètement, et le revends en Mai 2003 au canadien Ed Russel (Russel Group Aviation)  et vole au Canada sous l'immatriculation civile C-FFLC. (SH-L)
En 2011, il est racheté par Peter Monk. Il est désormais basé au Beggin Heritage hangar Ltd - Biggin Hill - Kent (GB).

(Voir "Liens" pour plus d'infos)

 

Spitfire MK 912 à Biggin Hill (GB)

 

 

 

  • Photo 041-1 et 041-2 : Le Spitfire IX MK912 désormais en parfaite condition de vol, et propriété du Biggin Hill Heritage Hangar Ltd.

  


 

 

Premier contact.

 

 

En ce jour d'incorporation des nouvelles recrues, il y énormément de monde ; parents et élèves sommes dirigés vers le hangar situé sur le "Parade Ground" pour y terminer notre inscription. On m'y donne les premiers détails de mon affectation :

  • Soldat Bonfond Serge
  • Matricule A/40512
  • 2ème Escadrille
  • Classe A2C-78-12F (A2 Complémentaire - Année 1978 - 12ème classe francophone).
  • Bloc 41, Chambre 6. (mon logement)

 

Après une petite visite générale de la caserne, les parents sont invités à prendre congé des élèves, dont certains n'ont pas plus de quinze ans. Il est effet possible de s'inscrire dès cet âge pour un cycle A2 de trois ans en  Electronique et communications, Electromécanique, Electricité et instruments, Mécanique, ou encore en Armement.

Nous sommes tout aussitôt pris en charge par un sous-officier qui nous inculque les premiers rudiments de la marche au pas... Il nous emmène ainsi vers les blocs logement, où nous allons pouvoir nous débarrasser, et faire connaissance des autres membres de nos classes respectives. Arrivé à la chambre 6 du Bloc 41, je suis accueilli par le chef de chambre : Le Sergent J. Languillier. Ce dernier m'indique où se trouve mon lit ainsi que ma cantine, et me présente aux autres membres de la chambrée déjà présents.

C'est ainsi que je rencontre des personnes avec lesquelles je vais partager beaucoup de temps tout au long de cette année de cours. Nous allons en effet vivre ensemble 24 heures sur 24 excepté les week-ends. Il y aura inévitablement des frictions avec certains, mais au bout du compte, tous deviendront de vrais amis.
Ma classe (A2C-78-12F) est initialement constituée de 6 personnes : (alphabétiquement)
 
1. BONFOND Serge Force Aérienne
2. CHOLOT Christian Force Terrestre - Aviation Légère
3. DAUCHOT Maurice Force Aérienne
4. GEHENOT Thierry Force Terrestre - Aviation Légère
5. LAMOCK Guy Force Aérienne
6. PETIT Roland Force Terrestre - Aviation Légère


Notre copain Gehenot ne restera malheureusement avec nous que quelques mois. Diplômé d'un enseignement non technique, et n'ayant dès lors que très peu de notions d'électromécanique, il aura  énormément de mal à suivre les cours, et sera forcé d'abonner après les examens de Noël.

Nous sommes en effet averti très tôt que tout échec lors des premiers examens du mois de décembre est éliminatoire. Les élèves recalés sont dans ce cas redirigés vers d'autres types d'engagement.

Les membres de la Force Terrestre et les membres de la Faé recevront la même formation de base. Après cette année de cours, les "kakis" seront dirigés vers des cours de conversion type, c'est à dire Alouette II, et Britten-Norman Islander.

Pour les membres de la Force Aérienne, chacun recevra un cours de conversion soit sur avion de chasse, de transport ou encore sur avion d'écolage.  Les places sont attribuées en fonction de la demande, mais si plusieurs possibilités existent, les premiers de classe aux examens de fin de session du mois de juin, ont la possibilité de choisir en premier.  Dans notre cas, cela sera tout à fait différent...

 




Les cours commencent.

Dans le courant de la première semaine, nous recevons une première partie de notre uniforme, ainsi que notre programme de cours.

Notre uniforme est composé de deux tenues principales distinctes, le "Battle Dress" ou BD, et le "Service Dress".

Le Battle Dress sera porté durant la semaine de cours, il est composé d'un ensemble pantalon, chemise, veste courte et béret. Le BD se porte avec les chaussures de ville, ou avec les bottines de combat ; les "Combat Shoes".

Le Service Dress est notre tenue de sortie, et est portée obligatoirement lorsque nous partons en permission. Elle se compose d'un ensemble pantalon, veste longue, et képi, avec le même type de chemise et de cravate que pour le BD. Dans ce cas, la chaussure de ville est de rigueur.

Ultérieurement, nous serons convoqués l'un après l'autre pour passer dans les mains d'un couturier bien connu de l'époque, (Marvan) qui retouchera chaque Service Dress selon nos propres mensurations.

Les deux tenues comportent des éléments distinctifs tels que les grades, et écussons. Pour ce qui est du premier, nous débutons avec le grade de "Soldat", donc aucune "latte" pour le moment. 

Chaque épaulette est dotées d'une petite bande de tissu blanc indiquant que nous sommes CSOC ; c'est à dire Candidats Sous-Officer de Carrière

L'écusson de l'Ecole est un badge dont le motif est basé sur l'emblème de la Royal Air Force (Belgian) Technical Training School. 

 

Badge Ecole Technique02 

 

Rentrer pour le week end en tenue militaire sera un peu gênant au début, mais le "contrôle qualité" que l'adjudant de quartier nous imposera au corps de garde sera l'assurance de la présentation d'une tenue impeccable. En cas de "non conformité", ce sera le retour aux quartiers et la permission sera suspendue. Durant les nombreux voyages en bus et en train effectués pour regagner mon domicile,  je n'essuierai jamais de remarques ou de moqueries ; bien au contraire, les regards que l'on me portera seront plutôt admiratifs... Le prestige de l'uniforme sans doute... !

 
Notre programme de cours est organisé sur une semaine comportant 40 heures de prestation. Ces quarante heures sont réparties sur les matières suivantes :

  • 25 heures de Mécanique.
  • 5 heures d'Electricité
  • 7 heures d'Instruction Militaire
  • 3 heures de Sport

 

 Le cours de Mécanique comprend :

  • Aérodynamique : Etude de la mécanique de vol des avions et des engins à voilures tournantes (hélicoptères)
  • Mécanique des fluides : Etude des écoulement subsoniques, soniques et supersoniques.
  • Moteurs : Etude théorique du moteur à pistons et du turboréacteur.
  • Mécanique appliquée : Etude de tous les accessoires autres que moteur utilisés sur avions ou hélico. (pompes, vérins, embrayages etc)
  • Pratique : Démontage, remontage, réglage d'éléments faisant partie d'un moteur ou d'un avion.

 

 

Le cours d'Electricité reprend : 
 
  • Les bases fondamentales de l'électricité en courant continu et en courant alternatif.
  • Les bases de l'électromagnétisme.
  • Etude théorique du fonctionnement de la batterie, de la génératrice, de l'alternateur, et du moteur électrique à courant continu et alternatif.

 

 

L'instruction militaire comprend les matières suivantes : 

  • Règlementation militaire : Etude des différents règlements.
  • Armement : Etude du fonctionnement théorique et pratique des différentes armes du soldat. (Fusil, Pistolet, Grenade etc...)
  • Tactique : Etude de tout ce qui touche à la survie du soldat, c'est à dire le camouflage, la protection NBC (Nucléaire - Bactériologique - Chimique), les différents types de progressions sur le terrain etc...
  • Drill : La marche en peloton, le défilé en peloton, le commandement d'un peloton.

 

 

Le sport est à l'armée est évidemment incontournable, et tout échec aux épreuves de condition physique est également éliminatoire. 

Ces épreuves comprennent les exercices suivants : 100 mètres, lancer du poids, saut en hauteur, équilibre à la bomme,  saut en longueur, tractions, et 1000 mètres. Les candidats sous- officier devront réussir ces épreuves avant les examens du mois de décembre. Les trois heures de sport hebdomadaires seront dès lors mises à profit pour parfaire notre condition physique afin d'être en mesure de réussir les tests le moment venu.

 

Nous resterons "candidats sous-officier " de carrière jusqu'à notre nomination au grade de Sergent. Nous devrons pour ceci réussir tout d'abord l'examen de première phase  en juin 1979, (à l'Ecole Technique) et ensuite l'examen de seconde phase, qui sera en réalité notre stage en escadrille. Deux petites bandes blanches cousues sur les épaules de notre uniforme nous différencieront des sous-officiers nommés dans le grade.

Note: Certains cours techniques sont donnés dans une classe commune, regroupant la classe A2-76-1F (les élèves A2 sortant),  et notre classe (A2C-78-12F).

Les élèves A2 sortant sont aux nombre de quatre. (Ils ont débutés à 32 en 1976).

 

1. BAUDE Daniel Force Aérienne
2. BORMANN Helmut Force Aérienne
3. GUIOT Daniel Force Terrestre - Aviation Légère
4. WATRELOT Jean Force Aérienne

 

 

 




Deux semaines ont passés.

 

- Vendredi 15 septembre 1978.

Deux semaines ont passé depuis notre incorporation à l'Ecole Technique. Deux semaines sans rentrer chez nous, nous avons en effet passé le premier week-end à l'infirmerie à des fins de vaccination.

Le 15 septembre, les portes de l'Ecole technique s'ouvrent de nouveau au public à l'occasion des Fastes de l'école. Parents et amis sont invités à venir constater les changements que nous avons subit après seulement deux semaines passées dans une école militaire.

Et qui dit école militaire, dit évidement rigueur, respect et discipline. Ce sont peut être les choses qui nous ont été le plus difficile à assumer au début de notre formation, mais elles feront très vite partie de notre quotidien.

Comment peut on imaginer travailler sur un avion sans un minimum de discipline, et comment évoluer dans la vie sans un minimum de rigueur et de respect ... Ces quelques principes,  pénibles à respecter au début, deviendrons par la suite nos plus grands alliés dans notre vie professionnelle. 

 

15 septembre 1978 - Fastes de l'école

 

 

 

  

Photo 050-4 : Le Cpn Kaczmar, commandant de la 2ème escadrille. (Porte-drapeau)

 

  Gauche Centre Droite
Rang 1 1SM CEULEMANS CAPT KACZMAR ----
       
Rang 2 Cpl DUPONT José ---- Cpl BUFFET Michel

  

Me voici avec André LEVEQUE, un élève de la classe A2C-78-10F (Electronique) La tenue est le Battle Dress ; à noter les deux bandes blanches distinctives des CSOC  (Candidats Sous Officier de Carrière) sur nos épaules.

 

 


 

 

Septembre - Décembre 1978.

 

A la mi-décembre, nous entamons les premiers examens de l'année scolaire. Il est impératif de les réussir, car en cas d'échec, notre candidature en tant que sous-officier serait automatiquement annulée. Il n'y a pas d'échec à Saffraanberg !

L'effectif total des candidats du début septembre se voit ainsi réduit de moitié à la suite de cette première sélection. Dans notre classe, un seul membre sera obligé d'abandonner bien malgré lui ...

Pour les cinq autres, c'est un sans fautes. Nous sommes tous assurés de poursuivre jusqu'aux examens de fin d'année ; nous sommes dès lors commissionnés au grade de Caporal.

 

Les quelques photos ci dessous ont été prise après les examens, au environs du 22 décembre, dernier jour à l'école avant les congés de fin d'année.  Une première partie des bouquins de cours, sont  ramenés des salles de classe, on se détend quelque peu avec les copains de la chambre voisine, les gars de la classe A2C-78-10F.

La classe A2C-78-10F est l'équivalente de la nôtre, mais dans la spécialité "Electronique des avions". Elle est voisine de notre chambre dans le bloc 41, deux d'entre eux partageant notre chambrée. (Alain Taelman et Pascal Meunier)

 

La classe A2C-78-12F

 

 

Quelques copains de la 10F (A2C-78-10F)

 

 

 

  • Sur la première photo ci-dessus, on reconnaît : (de gauche à droite)

    • Sdt BOGAERT Ruddy
    • Sdt MEUNIER Pascal
    • Sdt ADAM Gérard
    • Sdt GILSON Jean-Luc
    • Sdt TAELMAN Alain

 


 

Janvier - Mai 1979.

 

 

Le 08 janvier 1979, après deux semaines de vacances, nous reprenons les cours. Nous remarquons de suite que nous sommes bien moins nombreux... la moitié de l'effectif initial a disparu suite à ces premiers examens. Dans notre classe, Thierry Gehenot a malheureusement du abandonner ; nous continuons donc à cinq.

Il nous reste cinq mois d'efforts pour arriver au terme de cette formation. Le rythme des cours est relativement soutenu, nous nous devons d'étudier tous les jours afin de pouvoir le suivre. Deux heures d'étude obligatoires nous sont imposées de 18.30 heures à 20.30 heures dans nos classes de cours respectives, nous y sommes sous la surveillance d'un sous-officier, le silence est de rigueur ! Ensuite, retour vers les blocs logement, toilette et relaxation jusqu'à l'extinction des feux et lumières à 22.00 heures.

  • A 06.00 heurs, une nouvelle journée commence...

Jusqu'alors, nous avons été systématiquement réveillé par notre sergent instructeur le Sgt Y. JORDAN.    A 06.00 heures pétante, il nous a réveillé sans ménagements, en allumant toutes les lumières et en poussant un puissant : "GARDE A VOUS ! " . Une inspection rapide de la chambrée est ensuite effectuée, chaque élève étant au garde à vous au pied de son lit.

Maintenant que nous sommes tous passé au grade de Caporal, la discipline s'assoupli quelque peu et nous sommes réveillés uniquement au son de la sirène... nous avons plus ou moins 20 minutes pour effectuer notre toilette, car nous devons nous trouver sur notre lieu de corvée à 07.00 heures. Une corvée nous a en effet été attribuée dès le début de l'année. Pour moi, cela sera le nettoyage d'un long couloir du Bloc 13 jusqu'au mois de décembre, ensuite j'hériterai du nettoyage de notre chambre.

La journée est organisée de la manière suivante :

  • De 07.00 heures à 07.30 heures : Corvées.
  • De 07.30 heures à 08.00 heures : Déjeuner.
  • De 08.00 heures à 12.00 heures : 4 x 50 min de cours entrecoupées de 10 min de pause.
  • De 12.00 heures à 12.30 heures : Diner.
  • De 12.30 heures à 13.00 heures : Temps libre.
  • De 13.00 heures à 17.00 heures : 4 x 50 min de cours.
  • De 17.00 heures à 17.30 heures : Temps libre.
  • De 17.30 heures à 18.30 heures : Souper.
  • De 18.30 heures à 20.30 heures : Etude obligatoire.
  • et ainsi de suite... 

Les jours et les semaines se succèdent ainsi très rapidement ; toutes les matières étudiées sont excessivement intéressantes car elles sont étroitement liées à notre futur métier de technicien. Les séances de pratique nous permettent de nous faire une idée plus précise du travail sur avion. Nous avons ainsi l'occasion de découvrir l'outillage (en pouces), les procédures de travail ainsi que la terminologie (en anglais), en nous exerçant sur les avions et moteurs qui sont à notre disposition. Les RF-84F Thunderflash et moteurs Wright J65 ne sont certes pas de première jeunesse, mais ils nous donnent l'occasion de nous familiariser malgré tout avec la technique aéronautique. Nos copains kakis font eux également connaissance avec le Dornier Do27J-1.

 

 

  • Photos 062.1 & 062.2 : Un des RF-84F (FR-31) mis à notre disposition pour nos cours pratiques.
  • Photo 062.3 : Le FR-31 lorsqu'il était encore opérationnel au sein du 42 Sqn. On le vois ici survolant Liège, à la verticale du Sart-Tilman. Le nez pointe la commune de Grivegnée, tandis que l'avant du stabilisateur pointe le Sacré-coeur situé sur la commune de Cointe
  • Photo 062.5 : Le FR-32 (42 Sqn) à Bierset le 21Juin 1969. (Le FR-32 est actuellement préservé au 1Wing Historical Center - 1WHC)

Nous arrivons ainsi assez rapidement au mois de mai, période d'examens de fin de 1ère année, et pour nous de fin de formation à l'Ecole Technique.

Au terme d'une quinzaine de jours d'examens, nous arrivons finalement au bout de nos peines. Nous recevons très rapidement nos résultats, qui sont on ne peut plus satisfaisant. Nous recevons tous les cinq notre certificat de Mécanicien avion , trois d'entre nous sont reçu avec Distinction, et deux avec Satisfaction.  Ci-dessous le Palmarès 1979, reprenant les résultats de toutes les promotions (francophones et néerlandophones) de l'année scolaire 1978 - 1979. Les résultats de notre classe (A2C-78-12F) se trouvent en page 14 du document.

 

pdfPALMARES 1979.pdf

 

Nous sommes dès lors commissionnés au grade de Sergent.  Nous recevons également très vite nos futures affectations, pour lesquelles il n'y a dans notre cas aucune alternative possible. Les trois membres Force Aérienne (Bonfond - Dauchot - Lamock) sont prévu pour faire mutation dès le mois de septembre vers Beauvechain, afin d'y suivre un cours de conversion moteur F-16.

Les deux membres Force Terrestre sont eux prévu pour recevoir une formation de mécanicien polyvalent (Moteur et Cellule) sur Alouette II et Britten Norman Islander.

Pour notre part, nous sommes dédiés à la spécialité "Moteur" des techniciens avions. Il faut savoir que les techniciens avion de la Force Aérienne sont réparti selon cinq spécialités distinctes : Cellule - Moteur - Electricité - Avionique - Armement. La formation A2 complémentaire que nous avons reçu, nous donne l'accès à la spécialité Moteur ou Cellule. Dans notre cas, cela sera donc la spécialité moteur.

Ci dessous l'heure est désormais à la détente, nous faisons quelques photos de notre groupe ;  notre chef de chambre Jan Languilllier (A2-77-5F) anime la soirée avec Patrick Carpentier (A2C-78-10F) ; Gérard Adam (10F) et Christian Cholot (12F) les accompagnent.

 


 

 

Juin - Septembre 1979.

 

 

Nos examens terminés, il nous reste un mois de prestation avant les congés scolaires. Ces derniers sont fixés pour le début du mois d'août. Jusque là, sous la conduite de notre instructeur le 1er Sgt Jordan, nous allons tous les jours perfectionner les différents types de progressions d'un peloton lors d'un défilé militaire.

C'est en effet au sein d'un détachement de l'Ecole Technique de la Force Aérienne que nous aurons l'honneur de défiler sur la Place des Palais, le 21 Juillet 1979. Nous allons défiler parallèlement à la tribune royale devant S.M. le Roi Baudouin, la famille royale et les corps constitués.

Le défilé proprement dit, est précédé d'un regroupement général à quelques rues de la place des Palais, puis d'une revue des troupes par S.M. le Roi.

Bien que notre tenue soit habituellement impeccable, nous nous devons d'être dans ce cas irréprochable.  Nous sommes en Battle Dress et béret. Tout ce qui peut être poli et astiqué, l'a été le soir précédent. Notre ceinturon en toile à reçu une nouvelle couche de bleuco, toutes ses boucles ont été polies au "Duraglit", et l'on peut quasi se voir dans nos Combat Shoes.

Pour la circonstance, ces dernières sont équipées de trois clous à ferrer sous chaque talon. Sans cet artifice, il est très difficile de s'entendre marcher, et par conséquent de rester au pas, le bruit de nos pas étant en partie couvert par les différentes fanfares accompagnant les nombreux détachements.

Nous rectifions une dernière fois notre tenue, et nous nous mettons bientôt en route, sous la conduite de notre fanfare et de notre chef de peloton. Les plus petits sont devant, et les plus grands derrière, de cette manière, tout le monde peut voir devant lui, et rectifier son alignement sur la personne qui le précède.

Arrivés sur la place des Palais, la tension monte quelque peu, nous rectifions une dernière fois notre allignement, un coup d'oeil devant et sur les côtés pour être sûr que chacun est à sa place.

Face à la tribune royale, l'ordre : "TETE A DROITE .... DROITE ! "   est donné par le chef de peloton. L'entièreté du peloton tourne la tête à droite en direction du Roi, excepté la personne se trouvant à l'extrême droite du premier rang ; c'est ce dernier qui est chargé de maintenir la direction du peloton. Chaque soldat du détachement, bien qu'ayant la tête tournée à droite, garde un oeil et sur la personne à sa droite, et sur la personne devant lui afin de garder l'alignement du peloton. En réalité, tout le monde a la tête tournée en direction du Roi, mais personne n'a vraiment l'occasion de le regarder...

Quelques secondes plus tard, le : "TETE FIXE .... FIXE ! " retenti ; chaque membre du peloton regarde de nouveau devant lui, la tribune officielle est bientôt derrière nous... encore quelques rues de marche, et c'est déjà terminé...  tout ceci n'aura duré que quelques dizaines de minutes.... mais c'est une expérience que l'on n'oubliera pas.

 

 

Quelques jours plus tard, nous nous préparons à partir en congé, et à quitter définitivement le bloc 41, ainsi que la division D1 de l'Ecole Technique.

La division D1 est réservée à la formation initiale des futurs sous-officiers techniciens. En ce qui nous concerne, en tant que futurs techniciens avions, nous y avons étudié les bases de la technologie aéronautique, et reçu notre éducation militaire.

La formation définitive, est en réalité un cours de conversion sur avion type,  pour les candidats Force Aérienne,  ou sur hélicoptère ou avion léger pour les candidats Aviation Légère. Cette dernière formation est donnée à la division de D2 de l'Ecole Technique.

En ce qui nous concerne,  les trois membres Force Aérienne (Bonfond - Dauchot - Lamock),  sommes désignés pour recevoir la formation "Moteur F-16 " directement à Beauvechain. Il faut préciser que le 1°Wing a reçu son premier F-16 au début de cette année, le 26 janvier 1979. Un centre d'instruction à été mis en place sur la base même afin de convertir le plus rapidement possible tout le personnel technique sur ce nouveau type d'appareil. C'est donc à l'MTU F-16 (Maintenance Training Unit) que nous recevrons notre formation définitive de technicien.

A notre retour de congé, le 29 août 1979, nous rejoignons la section D2 malgré tout, pour y recevoir une formation concernant l'utilisation générale de la documentation technique. C'est durant cette formation d'une quinzaine de jours que nous allons recevoir la confirmation de la date de notre mutation vers le 1°Wing de Chasse Tout Temps. Celle-ci est fixée au 19 septembre 1979.

Tout juste un an après notre incorporation, voici donc quelques jeunes sergents prêts à rejoindre une unité opérationnelle, afin d'y recevoir leur conversion sur un des avions de chasse le plus évolué de son époque.

Nous sommes impatients...

 

LA SUITE :  1° Wing Histoire    

  

 
 
 
 
 

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