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  • Histoire de la Base Aérienne 126 "Capitaine Préziosi" de Ventiseri-Solenzara.
  • Biographie du Capitaine Préziosi.
  • Emblème et insigne de la base.

 

 

 

La BA 126 "Capitaine Préziosi" Ventiseri-Solenzara

 

Tout comme sa voisine Decimomanu en Sardaigne, la Base Aérienne de Solenzara est une des quatre bases dont la construction a été décidée en 1952 par l'OTAN afin d'assurer l'entraînement des escadrilles de chasse Américaines, Belges, Néerlandaises et Françaises.
Son implantation définitive est connue en 1955.
Elle se justifie par par la présence à l'Est de l'île d'une zone aérienne relativement peu fréquentée, et au Nord du terrain d'une plaine marécageuse convenant particulièrement au tir Air-Sol.
(Etang de Diane - Nord d'Aleria)

Fin 1956, un groupe d'entreprises civiles entament les travaux de terrassement et se joignent aux Ponts et Chaussées qui depuis deux ans ont menés une série d'études préliminaires. Mais l'hiver 1956-57 est rude, et les conditions météorologiques sont déplorables. Les entreprises, ayant déjà rencontré de nombreuses difficultés sur le plan matériel sont contraintes de suspendre complètement les travaux.


Mai 1957, le beau temps méditerranéen est de retour, mais d'autres difficultés ne tardent pas à survenir.
Les travaux ont repris depuis un mois lorsque les Américains annoncent sans ménagement qu'ils n'envisagent plus d'utiliser la base de Solenzara pour l'entraînement de leurs escadrilles de l'US Air Force et de l'US Navy.
Cette décision qui fait suite à l'abandon des Néerlandais début 1957, provoque la suspension des crédits, et l'interdiction d'utiliser ceux qui ont d'ores et déjà été alloués.
Les travaux sont donc à nouveau interrompus, la Belgique et la France sont contraintes à une privation non souhaitée.
Les deux, insistent néanmoins auprès du SHAPE (Supreme Headquarters, Allied Powers Europe) qui accorde l'ouverture de la base, mais avec de sévères restrictions, qui provoquent inévitablement une révision des plans, et ralentissent considérablement les travaux de constructions.
En Mai 1960, La participation inattendue de la République Fédérale Allemande (RFA) lève tout à coup les réserves faites par le SHAPE, et le comité des payements accorde le financement des travaux dans leurs totalités, tels que prévu initialement.


La base sera donc construite pour recevoir trois escadrilles.
Mais cette longue période d'indécision est mise à profit par les diverses collectivités locales, qui entre temps ont pris conscience des dangers que représente le tir air-sol, pour juger indésirable l'accomplissement du projet.
Cela crée des nouvelles difficultés aux services constructeurs qui doivent déjà faire face à de nombreux aléas : hétérogénéité des sols, intempéries, approvisionnement, locaux insuffisants, industries inexistantes sur place, et main d'oeuvre rarissime.
Des pressions politiques s'opposent également à la venue dans l'île de la Luftwaffe. Celle-ci finira par décider de s'installer en Sardaigne, sur la base OTAN de Decimomannu.

Les plans initiaux subissent de nombreuses modifications.
En Juin 1958, la piste longue de 2960 mètres est terminée, mais il reste beaucoup à faire, les bâtiments n'étant qu'à peine ébauchés. Mais les entreprises travaillent cependant d'arrache-pied et en un an, la base prend l'aspect d'une immense cité don’t les bâtiments éparpillés dans le maquis constituent un très vaste chantier.

Le 20 Octobre 1959, c'est ce chantier que découvre le premier détachement militaire commandé par le Colonel Pissotte qui a pour mission de préparer l'ouverture de la base aérienne 126.

Le 1er Juillet 1960, le décret n°1548/EMAA/1/OR du 30 Mai 1960 porte création de la Base Aérienne 126 de Solenzara.
Treize jours plus tard, le kérosène est disponible, et le 30 Août, atterrissent les premiers Ouragan de remorquage.
En Septembre 1960 commence la première campagne de tir au profit de la 5ème Escadre de Chasse, alors que Français et Belges établissent une convention réciproque d'utilisation du centre de tir aérien. Cette dernière est signée le 06 décembre 1960.

La Base Aérienne 126 est à présent opérationnelle, mais les difficultés sont énormes. Le matériel est insuffisant, et les moyens ne permettent pas d'effectuer les vols dans des conditions de sécurité optimale.
Le personnel est surchargé, aux problèmes fonctionnels s'ajoutent d'innombrables difficultés de logement et de ravitaillement qui ne sont pas pour améliorer l'état moral de la base.
Ces conditions difficiles ne gratifient pas l'Armée de l'Air et encore moins la Base Aérienne 126, qui reçoit bien vite la réputation de base où l'on y campe !
Cependant les efforts ne cessent pas et de toutes parts,  livraisons d'un bâtiment, les installation électrique, ou encore les quelques améliorations matérielles sont accueillies avec la plus grande satisfaction. L'ouverture tardive des différents mess, l'aménagement de leurs cuisines, la livraison d'une première tranche de logements pour les familles ne sont pas non plus sans encourager le personnel.

En Octobre 1961, le Lt Col Pinse prend le commandement d'une base déjà construite et organisée, même si elle demande encore de très nombreuses améliorations.

Insigne BA 126 150 03

Le 14 Juin 1962, l'insigne de la base est officiellement homologué.
Il est en forme d'écu ancien bleu azur entouré d'un liseré argenté.
Au milieu de l'insigne est représentée la Corse, où est située la Base Aérienne.
L'insigne de l'OTAN entouré d'un cercle, représente une cible, le tout situé au lieu géographique de stationnement de la base (Solenzara) et symbolise l'appartenance de la dite unité à l'OTAN.
Les trois avions représentent les trois puissances qui utilisent initialement la base. (France - Belgique - Allemagne)


Le 12 Mars 1963, le Général Deloustal, commandant de la 4e Région Aérienne remet le drapeau de la 22e Escadre de Chasse au Lieutenant Colonel Pinse, commandant de la Base Aérienne 126.

Depuis la création de la base, l'effectif s'est nettement accru. En effet, l'équipe du début, composée de 4 officiers, 7 sous-officiers et 11 militaires du rang s'est étoffée au fil du temps.
A ces chiffres, il convient d'ajouter le personnel des escadrilles en campagne de tir, les gendarmes mobiles, ainsi que le personnel de l'Armée de Terre qui stationne en permanence sur la base.
Cette dernière administre donc en fin de compte près de 1450 personnes.
Parallèlement, le matériel en service ou de passage sur la base évolue de la même manière, hélicoptères H19 puis H34.
Pour les avions : MD312, NC701, F-84F, F-100D/F Super Sabre, Mystère IV, Super Mystère B2, Vautour, Mirage III, Mirage IV, Mirage F1, Mirage 2000 pour ne citer que ceux-là, car la plate-forme accueille la plupart des avions de l'Armée de l'Air.

 



  • Photo A-20.1 : F-84F de l'Escadron de chasse 1/9 "Limousin" à Zara en 1963.
    Cet Escadron fait partie de la 9ème Escadre ; cette dernière est basée à l'époque sur la Base Aérienne 128 de Metz-Frescaty, et évolue sur F-84F depuis Juillet 1956.
    L'Escadron sera dissous le 30 Juin 1965.
  • Photo A-20.2 : Le Sergent-chef Andreani déguisé en "Bandit Corse" pose devant un F-84F de l'Escadron de Chasse EC 2/9 "Auvergne" en 1962.
    Cet Escadron sera dissous le 1er Juillet 1965.
  • Photo A20-3 : Un North American F-100D de l'Escadron de Chasse 1/11 "Rousillon" à Solenzara en 1966.
    Il s'agit ici de l'avion portant le numéro de série US 42167 (54-2167), son code d'escadron étant 11-EI.
    Le EC 1/11 "Rousillon" vole sur F-100D/F depuis le 1er Mai 1958, et est basé en 1966 sur la BA136 de Bremgarten (Allemagne de l'Ouest).
  • Photo A-20.4 : La ligne F-100D du EC1/11 "Rousillon" à Solenzara en 1966.
  • Photo A-20.5 : Un SNCASO SO-4050 Vautour IIN du EB 1/92 "Bourgogne" à Solenzara. (1973-78)
  • Photo A-20.6 : Un T-33 utilisé comme avion de liaison par l'Escadron de Chasse 2/4 "Lafayette",  à Solenzara en Avril 1977. 
    L'avion arbore un insigne composite reprenant une partie de l'écusson de chaque Escadrille constituant l'Escadron 2/4. (*)
    L'Escadron 2/4 "Lafayette est à cette époque stationné sur la BA116 de Luxeuil.
    (*) : SPA 155 "Petit Poucet" - N124 "Tête de Sioux" - SPA 167 "Cigogne de Romanet".
  • Photo A-20.7 : Un Mirage IIIBE, version Biplace du Mirage III E (E pour Electronique) de l'Escadron de Chasse EC 2/2 "Côte d'Or" en Novembre 1977.
    L'Escadron 2/2 "Côte d'Or" est à cette époque stationné sur la BA102 de Dijon-Longvic, et évolue sur Miurage III depuis 1965.
    Il sera dissous le 10 Septembre 2007.
  • Photo A-20.8 : Deux Mirage IIIE de l'Escadron de Chasse EC 1/4 "Dauphiné" au décollage.
    L'EC 1/4 "Dauphiné" est à cette époque stationné sur la BA116 de Luxeuil-Saint Sauveur.
    L'escron sera dissous le 29 Juin 2010.
  • Photo A-20.9 : Un Mirage F1C de l'Escadron de Chasse 3/30 "Lorraine" équipé pour le remorquage de cible.
    L'EC 3/30 "Lorraine" est à cette époque stationné sur la BA112 de Reims. Il a débuté sa transformation sur Mirage F1C en Juin 1974.
    L'EC 3/30 occupe désormais la BA104 d'Al Dhafra aux Emirats Arabes Unis et opère sur Rafale. 
  • Photo A-20.10 : Un Mirage 2000C S1 de l'Escadron de Chasse 1/2 "Cygognes" en Avril 1985.
    L'EC 1/2 "Cygognes" est à cette époque stationné sur la BA102 de Dijon-Longvic, et évolue sur Mirage 2000C depuis 1984.
    L'Escadron à depuis déménagé vers la BA116 de Luxeuil-Saint Sauveur (08-2011) et opère sur Mirage 2000-5F.
  • Photo A-20.11 : Un Mirage F1C de l'Escadron de Chasse 3/12 "Cornouaille" le 20 Mars 1992.
    L'Escadron 3/12 "Cornouaille" est à cette époque stationné sur la BA103 de Cambrai-Epinoy, et évolue sur Mirage F1C depuis 1976.
    Il sera dissous en Juillet 1995.
     


Du côté de la Force Aérienne Belge, les avions sont des Meteor F8, CF-100, F-84, F-104G, Mirage V, Alpha-Jet, et F-16.

 

 

L'infrastructure pour aéro-club n'étant pas encore suffisamment développée dans l'île, c'est tout naturellement que la section vol à voile voit le jour le 17 Avril 1963.
Le premier vol est effectué par l'Adjudant Monnet en planeur C310.
Le 13 Août, la section de parachutisme saute pour la première fois sur Borgo grâce au 1er bataillon parachutiste de choc.

Le 26 Juillet 1973, la Base Aérienne 126 reçoit le nom du Capitaine Préziosi, héros du groupe de chasse "Normandie-Niemen".

Depuis sa création fin des années 50, la BA126 assure avec constance et efficacité le support des différentes escadrilles en campagne de tir.
Comme prévu, la proximité des zones de tir ainsi que les conditions météorologiques privilégiées favorisent particulièrement cette mission.

Cependant le contexte évolue, autochtones et touristes acceptent de plus en plus difficilement le bruit des avions, ce qui introduit de sérieuses restrictions dans le taux, et dans les facilités d'utilisation des champs de tir air-sol.
Simultanément, il est vrai que la Luftwaffe s'est retirée il y a quelques années, et que la Force Aérienne Belge est de moins en moins présente.
Il reste néanmoins que "Zara" profite plus que jamais aux intercepteurs Air-Air, plutôt qu'aux chasseurs-bombardiers.

Parallèlement, la place privilégiée de la base, sentinelle du dispositif de défense aérienne de l'Armée de l'Air en Méditerranée, face à l'évolution politique des pays du Maghreb et du Moyen-Orient, laisse deviner un avenir de plus en plus "Opérationnel" pour la Base Aérienne 126.
Un durcissement des installation à été réalisé il y a quelques années, et continue de se perfectionner, tandis que la base participe de plus en plus fréquemment à des exercices interarmées et interalliés.

Le 29 Avril 1992, la Base Aérienne 126 est rebaptisée "Capitaine Préziosi"  "Ventiseri-Solenzara".

 

 


 

 

 Biographie du Capitaine Préziosi

 

 

 

Albert Alexandre Préziosi est né le 25 Juillet 1915 à Vezzani (Haute Corse).
Il termine ses études secondaires au lycée Thiers à Marseille et y prépare l'Ecole de l'Air où il est admis en 1935.
Il est nommé Sous-Lieutenant le 15 Septembre 1938.

Par suite d'un accident de la route, il est d'abord affecté comme sédentaire à la 33ème Escadre de Lyon, mais en Septembre 1939, il est affecté à l'école de pilotage de Melun, où il passe son brevet.
Après quelques jours sur la base de Royan, il participe à la campagne d'Allemagne et s'envole le 17 Juin 1940 vers l'Angleterre à bord d'un Simoun.

Promu Lieutenant le 25 Juin 1940, il se perfectionne dans des écoles de pilotage anglaises pour partir en Juin 1941 par voie maritime au Moyen-Orient, où il arrive le 3 Août.
Il est affecté au groupe de chasse qui donnera naissance à l' "Alsace" et participe aux combats en Libye (1941-1942) et en Egypte (1942).

En Septembre 1942, il revient à Rayack (Liban) pour être affecté au groupe de chasse "Normandie" alors en formation et qui deviendra ultérieurement le "Normandie-Niemen".
Parti fin Novembre de Téhéran, le personnel du groupe arrive en Russie en plein hiver, reçoit ses "Yak" et s'entraîne immédiatement.

Appartenant à la 2ème armée aérienne à compter du 22 Mars 1943, il participe aux opérations sur le front central, dans la région de Kalouga à Polotniani-Zavod.
Le 5 Avril 1943, le Lt Préziosi obtient la première victoire du "Normandie-Niemen". Il est nommé Capitaine le 10 Avril 1943.

Le 28 Juillet 1943, quelques jours après la disparition de son chef, le Commandant Tulasne, le Cpt Présiozi disparaît en combat aérien à 20 km au Nord-Ouest de Karachev entre Orel et Yelmin.

Il totalisait quatre victoires en combat aérien et était décoré de la croix de guerre avec quatre citations.

 

 

 
 
 
 
 

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